On y trouve Madame de Merteuil et son ami/amant Valmont, qui n' appartiennent ni au libertinage d'esprit ni au sadisme dont le contenu philosophique est bien... " au-delà". Mais tous deux me semblent vraiment le modèle des pervers narcissiques.
Il ou elle, en vérité, est dénué(e) d' empathie, visage dur et lèvres pincées, il/elle offre tout le temps
l' image de la froideur. Madame de Merteuil trône dans l'impassibilité aimable d' une personne de condition. Car, obsédé(e) par l' image sociale ( d'autant plus vrai quand on est marquise, comte... ou machin), le ou la pervers(e) narcissique peut se montrer séducteur/enjoleuse, brillant(e), dès lors qu' elle est en scène, pour le public. Ce qui peut produire des amitiés qui s' étiolent, des fraternités qui se séparent, puisqu' autrui renvoie dos à dos le pervers et sa victime... car le/la perverse brouille tout. La Merteuil est très forte pour ça dans le roman.
D' un égocentrisme forcené ( j' ai eu ce genre de maîtresse passant son temps à me raconter ses amants précédents ), elle/il souffre d' insatisfaction chronique, trouvant toujours une bonne raison pour que ça n' aille pas chez l' autre. Il faut lire les leçons de Merteuil à Valmont pourtant complaisant.
Il/elle alterne chaud et froid, maîtrisant plus ou moins l' art de savoir jusqu' où aller trop loin, mais quand il/elle manque d' ajustement, et que l' autre se dérobe, incapable de se remettre en cause ou pervers(e) jusqu' à la malignité, elle le culpabilise. L' admirablement machiavélique : " ce n' est pas de ma faute ! ce n'est pas de ma faute ! " de Valmont à la pauvre catho-niaise de la Présidente de Tourvel, torturée par le " péché ". Au comble du pernicieux : il/elle renverse les rôles et il/elle se fait passer pour victime. Et les gentils esprits les croient.
Cependant, ces pervers-là, ont toujours une plaie intime, parfois à eux-mêmes inavouée, qui explique... tout le reste. Emouvantes, les révoltes et les " revendications " de fille de Merteuil : son féminisme
( qui était d' abord celui de Laclos ) sauve le personnage ( que son créateur condamne quand même à la vérole !)
Et, oui, les " méchants " sont toujours punis !En littérature !
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